Pharmacie ou cabinet médical : quel nettoyage devez-vous mettre en place face au covid ?

Pharmacie ou cabinet médical : quel nettoyage devez-vous mettre en place face au covid ?

Si la pharmacie peut créer un protocole de distanciation avec les patients reconnus ou suspectés d’être positifs au covid-19, c’est déjà plus compliqué pour un cabinet médical. La présence de malades (hors covid) déjà fragilisés, de patients covid-19 venant se faire tester et des malades asymptomatiques qui s’ignorent fait de la sécurité sanitaire un vrai casse-tête.

Comme le risque de contamination est plus élevé dans les secteurs médical et paramédical, il semble évident qu’ils doivent mettre en place un protocole de nettoyage strict et approprié. Éviter tout manquement sur la propreté et la désinfection, à condition de bien cibler ce qui est du ressort des équipes de nettoyage.

Pharmacie et cabinet médical : avez-vous le même risque de contamination ?

Avant d’agir, il faut pouvoir identifier ce qui est de l’ordre du risque avéré et ce qui ne l’est pas, dans votre cas. Les bactéries, les virus et les germes circulent continuellement dans un univers médical.

Pour éviter la contamination des patients ou du personnel, il faut analyser la manière dont ces ennemis invisibles peuvent se propager.

Dans le cas du covid-19, la contamination par voies aériennes est la plus évidente. La première réponse à ce constat est donc nécessairement l’aération des locaux. Renouveler l’air dans votre cabinet ou pharmacie est plus qu’un enjeu d’hygiène, c’est une question de sécurité.

En ce qui concerne les personnes visitant une pharmacie ou un cabinet médical, si elles respectent les gestes barrière (distance physique, port du masque, désinfection des mains) elles ne sont pas exposées aux mêmes risques. Il y a une différence entre deux patients qui restent assis quinze minutes dans un espace fermé mais ventilé ou aéré, et deux patients de passage pour quelques minutes à peine dans une pharmacie où ils ne se croisent pas.

Ces gestes ne concernent pas seulement les équipes de nettoyage, mais il est important qu’elles y contribuent lorsqu’elles interviennent.

Où et comment se transmet le virus de la covid-19 dans vos locaux

La menace des aérosols

Elles ont tardé à être reconnues comme un danger par les experts scientifiques, pourtant ce sont un des modes de transmission les plus connus du public aujourd’hui.

Ces particules fines (souvent inférieures à 100 microgrammes) sont en suspension dans l’air et en mouvement constant. Leur course finit généralement dans le nez, la gorge, les bronches voire les alvéoles pulmonaires. On les repère en hiver, au nuage de buée que l’on produit en soufflant par la bouche. On les émet au quotidien en parlant ou en toussant, et c’est par elles que nous envoyons nos germes flotter dans l’air.

Les aérosols peuvent rester en suspension dans une pièce de quelques minutes à plusieurs heures. Le virus présent en fines gouttelettes peut lui aussi survivre ce temps-là.

Sur les surfaces

En pharmacie et en cabinet médical, les fomites sont un terrain de transmission de germes. Ces surfaces et objets inanimés que l’on touche et que l’on charge de bactéries ou de virus sont particulièrement visées par les protocoles sanitaires. Ce sont les rayons de la pharmacie, les accoudoirs de la salle d’attente ou les bords d’une table, qui peuvent recevoir les sécrétions d’un patient malade. Et lorsqu’une personne saine entre à son tour en contact avec ces surfaces, même masquée, elle augmente son risque de contamination par le virus de la covid-19.

Les chercheurs s’interrogent encore sur la charge virale présente sur les surfaces, car le virus peut y rester présent jusqu’à plusieurs jours, mais en quantité et puissance diminuées. Néanmoins, ces fomites restent des zones à surveiller.

Votre entreprise de nettoyage suit-elle les bons protocoles ?

En milieu paramédical et médical, la propreté est essentielle pour garantir la sécurité des clients et patients. Mais avez-vous le bon protocole, adapté à votre milieu et à la situation de pandémie covid-19 ?

Protocole strict ou pas de protocole du tout ?

En réalité, même si ces milieux sont régulièrement exposés à la maladie et à de hauts risques de contagion, la pharmacie comme le cabinet médical ne font pas l’objet de protocoles stricts en matière de nettoyage.

L’apparition du virus a suscité l’apparition de nouvelles normes et recommandations pour garantir un minimum de sécurité au personnel comme aux visiteurs. Mais ces documents ne sont pas contraignants.

Comme l’explique Caroline Le Guérinel, directrice de LG Clean : « un cabinet médical n’est pas soumis aux règles de propreté et d’hygiène d’un hôpital, par exemple. C’est un centre de soin, mais on le gère comme un bureau quelconque ». Covid ou non, les recommandations émises par la Haute Autorité de Santé en 2007 valent toujours pour ces lieux.

L’essentiel des règles de nettoyage et de désinfection de l’HAS

– Renouveler l’air plusieurs fois par jour en aérant chaque pièce toutes les 15 minutes pour chasser les aérosols.

– Procéder au nettoyage des endroits les plus propres (secrétariat, couloirs…) vers les plus sales (salle de consultation, sanitaires, locaux d’entretien…).

– Procéder dans un sens de haut en bas : des zones proches du plafond vers les sols, en traitant bien toutes les surfaces.

– Même s’ils ne sont pas ouverts au public, les sanitaires doivent être nettoyés et désinfectés toutes les deux heures. Si l’établissement comporte un vestiaire, il doit aussi faire l’objet du même traitement matin et soir.

– Entretien régulier de la ventilation mécanique pour qu’elle ne s’encrasse pas et ne retienne pas les bactéries.

Produits et équipement

C’est déjà une condition d’exercice hors temps de covid : le personnel nettoyant doit s’équiper correctement pour se protéger de l’exposition aux produits nettoyants et désinfectants. Blouse, gants de ménage et masque font généralement partie de la tenue de travail en temps normal. Protection d’autant plus appréciable contre les dangers de la présence potentielle du virus.

Pour éviter la propagation dans l’air de particules à charge virale, un type de matériel est recommandé plutôt qu’un autre dans le milieu médical et paramédical – et plus encore avec le covid-19. Balai plat et balai éponge plutôt que balai à poussière, par exemple, pour retenir les particules.

Plutôt que de l’alcool, la désinfection des surfaces passe par un produit virucide ou reconnu efficace contre les microbes. Le lavage des sols avec un produit de même type est à privilégier par rapport à une utilisation massive d’eau de javel qui risque d’aseptiser totalement la zone.

Pour un nettoyage minutieux

– Les surfaces et les sols doivent être nettoyés plusieurs fois par jour (idéalement), avec un matériel propre et humidifié à chaque passage.

– Rideaux ou tissus éventuels présents dans une salle de consultation : ces éléments aussi doivent être retirés et lavés en machine à haute température au moins une fois par semaine.

– Selon la formule classique, les déchets industriels banals (DIB) sont à jeter dans les poubelles classiques.

– En revanche, les déchets de soins à risque infectieux (DASRI) jetés dans les poubelles jaunes, ne sont pas éliminés par la société de nettoyage mais par une société spécialisée.

Cela concerne également les masques jetables, qui doivent faire l’objet d’un protocole spécifique. Chaque sac contenant les masques usagés doit être à son tour emballé dans une seconde enveloppe, avec un délai d’inertie de 48 heures, avant d’être éliminé comme le reste des déchets de type DASRI.

– Les poignées de porte, robinets, interrupteurs, lavabos et toutes les zones de contact accessibles au public doivent être traitées plusieurs fois par jour, avec un textile imbibé de produit désinfectant. Le temps de contact pour que le produit soit efficace contre les germes est d’une minute.

En l’absence de normes contraignantes. Il vous revient de signer un contrat de nettoyage strict pour respecter toutes ces mesures et garantir les règles d’hygiène et de sécurité au sein de votre établissement.

Pour toute question et conseil médical, consultez votre médecin ou pharmacien.