Améliorer la sécurité sociale: réduire les dépenses de santé de la sécu

Courte Histoire de la sécurité sociale

La Sécurité sociale est une notion relativement récente. Son histoire s’inscrit dans le prolongement de celle d’autre formes de protection sociale comme l’assistance, devenue aujourd’hui l’aide sociale, et la mutualité.

Elle est le produit des profondes mutations politiques, économiques, sociologiques et démographiques, qui ont marqué les 150 dernières années. Si le chancelier Bismarck peut être considéré comme le père fondateur de la sécurité sociale au cours des années 1880, l’expression de Sécurité sociale n’apparaît dans un texte juridique qu’en 1935, avec le vote du Social Security Act sous la présidence de Roosevelt.

En France, l’organisation de la Sécurité sociale remonte seulement à 1945, bien qu’elle soit déjà largement esquissée depuis le début des années 30. Mais en ce début de nouveau millénaire, la question du déficit et même plus largement celle du financement de la Sécurité sociale fait régulièrement la une de nombreux médias.

Financer la sécu

Ainsi, les questions de soutenabilité et autre remboursement de la dette sociale française préoccupe les pouvoirs publics à la suite des critères stricts de Maastricht.

Or, on observe en France que la part de la consommation médicale dans la consommation totale des ménages et dans le PIB (Produit Intérieur Brut) croît régulièrement. La réponse à la question suppose ainsi que soit connue l’origine de l’augmentation régulière des dépenses, sachant que, pour la France en moyenne, le taux d’accroissement annuel de la consommation médiale avoisine 6%.

Pourquoi les dépenses de santé augmentent?

Les raisons de l’augmentation des dépenses de santé sont multiples sans être exhaustives. L’une d’elles tient dans la composition en groupes d’âge de la population française.

Le recours à la médecine, aux médicaments et aux pharmacies est en effet fréquent chez les jeunes enfants jusqu’à l’âge de deux ans et chez les personnes âgées. Or le vieillissement de la population est un facteur d’augmentation de la consommation médicale.

Une autre raison réside dans l’élévation du niveau de vie ainsi que du pouvoir d’achat des individus : ainsi, la part de dépenses de santé dans le budget individuel va croissant, à la nuance près que la consommation individuelle semble d’abord dépendre de l’élément culturel ou socioprofessionnel (degré d’instruction, vie en zone rurale ou urbaine…). Un parisien ira plus dans une pharmacie de paris qu’un ariègeois ira dans une pharmacie en ariège.

Le développement de « l’offre de soins » est une troisième explication. Il s’accompagne d’un accroissement du prix de revient de la médecine et des médicaments et vise tant l’essor continu des professions médicales et paramédicales (parapharmacie) à que le coût croissant de l’appareillage technique (scanners).

Dans une moindre mesure, on peut également signaler l’extension des garanties (politiques de généralisation à partir des années 1970), l’abaissement du seuil d’acceptation de la douleur ou de l’inconfort, accompagné par la médicalisation croissante de certains problèmes sociaux (tabac, alcool, drogue).*

Il faut enfin mentionner la coexistence d’un système de sécurité sociale caractérisé par le service public d’un appareil libéral de santé (médecine, pharmacie), les organismes étant tenus de rembourser des dépenses qui obéissent pour partie à la loi du marché et sur lesquelles elles n’exercent pas de contrôle.

Éviter l’accroissement des dépenses de santé revient à se demander quels sont les moyens d’une politique efficace de maîtrise des dépenses de santé ? Pour répondre à cette problématique, nous pouvons nous pencher sur la situation comptable de la Secu, avant de dresser le panorama des grandes réformes de son mode de financement . Enfin, il faut désormais étudier les grands défis d’avenir que la Sécurité sociale devra savoir relever.